Le CIO vient d'annoncer la rupture de son partenariat avec l'Arabie saoudite pour les futurs Jeux Olympiques de l'esport. Un divorce apparemment à l'amiable.
Un mariage qui n'aura duré qu'un an
Le Comité International Olympique a officiellement mis fin à sa collaboration avec le Comité Olympique saoudien et l'Esports World Cup Foundation ce 30 octobre. Dans leur communiqué, ils parlent d'une décision prise "d'un commun accord".
Pour rappel, ce partenariat signé en 2024 devait aboutir à l'organisation des premiers JO de l'esport en Arabie saoudite en 2027, dans le cadre d'un accord sur douze ans. Autant dire que le projet ambitieux s'est crashé plus vite que prévu.
"Faire une pause et réfléchir" : le CIO en mode introspection
Le plus drôle dans cette histoire, c'est le nom du processus de consultation lancé par le CIO : "Faire une pause et réfléchir". On dirait le titre d'un livre de développement personnel, non ? Plus sérieusement, l'organisation olympique affirme avoir recueilli des retours qui l'ont poussée à revoir sa copie.
En gros, chacun va faire sa tambouille dans son coin. L'Arabie saoudite continuera probablement avec son Esports World Cup et ses millions de dollars de prize pool, pendant que le CIO cherchera un nouveau modèle "plus en phase avec les ambitions du Mouvement olympique".
Et maintenant, on fait quoi ?
Le CIO assure que le projet n'est pas enterré pour autant. L'organisation veut relancer une première édition "le plus tôt possible", mais sans préciser ni où, ni quand. Du coup, on repart un peu de zéro, avec cette fois l'espoir de trouver un partenaire moins... controversé ?
Parce que bon, on va pas se voiler la face : le partenariat avec l'Arabie saoudite, ça faisait grincer pas mal de dents dans la communauté. Entre les questions de droits humains et le sportswashing, le cocktail était explosif. Le CIO a peut-être réalisé que mixer les anneaux olympiques avec certaines controverses géopolitiques, c'était pas la meilleure idée du siècle.
Les Olympic Esports Series continuent leur bonhomme de chemin
Pendant ce temps-là, le CIO continue avec ses Olympic Esports Series, ces compétitions virtuelles qui font office de galop d'essai. C'est déjà ça de pris, même si on est encore loin du prestige d'un vrai tournoi esport.
Le truc, c'est que l'esport n'a pas vraiment besoin des JO pour exister. Les Worlds de League of Legends, The International de Dota 2 ou les majors de CS2 cartonnent déjà sans avoir besoin de la bénédiction du CIO. Mais bon, l'inverse n'est peut-être pas vrai : les JO ont peut-être besoin de rajeunir leur audience, et l'esport reste une piste séduisante pour toucher les moins de 30 ans.
Au final, cette rupture ressemble plus à une opportunité qu'à un échec. Le CIO a peut-être évité une balle en se séparant d'un partenaire encombrant. Reste à voir si la prochaine mouture des JO esport sera plus convaincante, ou si on assistera encore à un énième flop institutionnel qui comprend rien au gaming.